Je rêve (mais peut-être que non)
Fiction / réalité – réalité / fiction, quelle est la limite ? Souvent on rêve éveillé et on laisse libre cour à nos pulsions les plus primitives, les plus animales et on joue finalement à être celui qu’on est ou qu’on aimerait être au plus profond de nous-mêmes et puis, choc, on se réveille et là on se prend pour quelqu’un d’autre, car il est difficile de rester celui qu’on est, il y a trop de contraintes, trop d’obstacles, non, trop de regards et on joue à être quelqu’un, souvent on joue à être quelqu’un « de bien ». De bien pour les autres… C’est une maladie. C’est la maladie de la vie. C’est bien de cette maladie là dont on vous parle.
Je rêve (mais peut-être que non) - Dernière pièce d’une longue série d’actes uniques, écrite en 1929, Sogno (ma forse no) est la pièce la plus onirique de Luigi Pirandello où la limite entre rêve et réalité se confond créant un climat de tension continu. Issue, comme beaucoup de ses pièces, d’une de ses nouvelles écrite en 1914 « La réalité du rêve », elle résume quasi toute la théâtralité de l’auteur : le jeu, plein d’ironie entre illusion et réalité, entre être et paraître, entre moi et non moi. L’illusion ici c’est le rêve. Un rêve surréaliste où c’est l’inconscient qui s’exprime où les personnages se débattent pour se trouver une identité. Une identité que Pirandello, né dans le Chaos, a cherchée toute sa vie. « Moi-même – disait Pirandello - en m’observant je me rendais de plus en plus compte que j’interprétais, à chaque fois une partie différente de moi-même selon l’interlocuteur que j’avais devant. Je n’étais pas une seule personne; j’étais plusieurs personnages en quête d’une seule personne... ». Une identité qui pour chaque individu est difficile à saisir car à chaque moment elle est remise en question par le regard, la perception de l’autre. Chacun me voit à sa façon, comme il veut me voir. Soit on comprend ce jeu-là avec ironie soit on y est pris au piège et l’on se perd comme des pauvres pantins. Cette pièce est aussi un débat sur le couple, sur le mensonge, sur la trahison, sur la vie bourgeoise qu’on peut mener par sécurité, par habitude jusqu’à l’ennui et qui nous emprisonne dans un schéma, dans une forme. Il n’y a que dans le rêve, dans la fiction, qu’on arrive à être libre, à oser être ce qu’on est et non celui qu’on devient pour l’autre ou pour les autres. C’est dans le rêve que l’inconscient se manifeste violemment et nous assouvit et que seul l’espace théâtral permet de rapprocher. La fiction du Théâtre permet de mettre à nu ce « Jeu », cette fiction qu’est la vie. Mais alors que dans la vie réelle elle nous emprisonne, au Théâtre on la dévoile avec ironie et on peut même en rire…
Emanuela Ponzano Dédié personnellement à Max Parfondry
Fiction / réalité – réalité / fiction, quelle est la limite ? Souvent on rêve éveillé et on laisse libre cour à nos pulsions les plus primitives, les plus animales et on joue finalement à être celui qu’on est ou qu’on aimerait être au plus profond de nous-mêmes et puis, choc, on se réveille et là on se prend pour quelqu’un d’autre, car il est difficile de rester celui qu’on est, il y a trop de contraintes, trop d’obstacles, non, trop de regards et on joue à être quelqu’un, souvent on joue à être quelqu’un « de bien ». De bien pour les autres… C’est une maladie. C’est la maladie de la vie. C’est bien de cette maladie là dont on vous parle.
Je rêve (mais peut-être que non) - Dernière pièce d’une longue série d’actes uniques, écrite en 1929, Sogno (ma forse no) est la pièce la plus onirique de Luigi Pirandello où la limite entre rêve et réalité se confond créant un climat de tension continu. Issue, comme beaucoup de ses pièces, d’une de ses nouvelles écrite en 1914 « La réalité du rêve », elle résume quasi toute la théâtralité de l’auteur : le jeu, plein d’ironie entre illusion et réalité, entre être et paraître, entre moi et non moi. L’illusion ici c’est le rêve. Un rêve surréaliste où c’est l’inconscient qui s’exprime où les personnages se débattent pour se trouver une identité. Une identité que Pirandello, né dans le Chaos, a cherchée toute sa vie. « Moi-même – disait Pirandello - en m’observant je me rendais de plus en plus compte que j’interprétais, à chaque fois une partie différente de moi-même selon l’interlocuteur que j’avais devant. Je n’étais pas une seule personne; j’étais plusieurs personnages en quête d’une seule personne... ». Une identité qui pour chaque individu est difficile à saisir car à chaque moment elle est remise en question par le regard, la perception de l’autre. Chacun me voit à sa façon, comme il veut me voir. Soit on comprend ce jeu-là avec ironie soit on y est pris au piège et l’on se perd comme des pauvres pantins. Cette pièce est aussi un débat sur le couple, sur le mensonge, sur la trahison, sur la vie bourgeoise qu’on peut mener par sécurité, par habitude jusqu’à l’ennui et qui nous emprisonne dans un schéma, dans une forme. Il n’y a que dans le rêve, dans la fiction, qu’on arrive à être libre, à oser être ce qu’on est et non celui qu’on devient pour l’autre ou pour les autres. C’est dans le rêve que l’inconscient se manifeste violemment et nous assouvit et que seul l’espace théâtral permet de rapprocher. La fiction du Théâtre permet de mettre à nu ce « Jeu », cette fiction qu’est la vie. Mais alors que dans la vie réelle elle nous emprisonne, au Théâtre on la dévoile avec ironie et on peut même en rire…
Emanuela Ponzano Dédié personnellement à Max Parfondry