LE PAPALAGUI
Papalagui en langage Samoan signifie le Blanc, l’étranger, littéralement le pourfendeur du ciel. Dans les années 1920, Touiavii, chef de la tribu des Tiavea, à Upolu, une petite île de l’archipel des Samoa, à trois mille kilomètres au nord de la Nouvelle Zélande visite tous les états européens de l’époque. Il prend de nombreuses notes qu’il destine exclusivement à ses frères des îles. Touavii se sent alors investi d’une mission : inciter tous les peuples des mers du sud à se détacher fermement des peuples éclairés du continent européen. « Vous croyez nous apporter la lumière, en vérité, vous voulez nous entraîner dans vos ténèbres » confiera-t-il à Eric Scheurmann, ethnologue allemand qui vécut à ses côtés et publia sans son autorisation les propos du chef Samoan. Ce spectacle, mêlant le tragique au grotesque, articulant l'imposture à l'authenticité, questionne l'utilisation de la figure du "bon sauvage" et ses dérivés contemporains, la propension narcissique et maladive de l'occident à se vautrer dans la figure du "prince de l'infâme" à la seule fin de demeurer à la cime de l'Histoire.

